Premier matin au gîte
Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins;
Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!
Charles Baudelaire
Ait Daoud ou azzi
Georges Roddenbach
Au sortir des gorges
Amouguer, Aït Sidi Meh, AouaraÏ...je ne peux que découper le paysage au fil de la route pour garder quelques friandises à offrir à vos yeux gourmands...
Bonne année 2012
Vous qui passez par là,
je vous offre cet instant de
lumière dans la rigueur
du Haut Atlas marocain et
je vous souhaite une
bonne et heureuse année
2012!
le canyon d'Imiter
âme qui vive
Le jour de l'aïd au Maroc, il n'y avait âme qui vive tout le long de notre route .
Zaïda, habituellement grouillante de monde et encombrée de véhicules était méconnaissable
Incongru! Des frigos en détresse au milieu de ce paysage grandiose
Des plantes coussinets, adaptées au climat semi désertique d'altitude
égaient la route de taches rouges ou blanches
un troupeau de chèvres nous pique la priorité
Nous traversons le plateau, émerveillés!
Dans une écharpe de lumière
Dans une écharpe de lumière
éclate l'or des peupliers
les chevaux mangent la lumière
Voyage...voyage
Au matin de l'Aïd, nous sommes en route pour le pays Haut.
En chemin, nous sommes surpris par les basses températures (2° vers 9 heures) et nous découvrons un frileux paysage, emmitouflé sous le blanc manteau.
Le manteau immaculé s'étale sur les entours découvrant dans ses plis quelques majestés
Heureusement le jaune des peupliers en parure d'automne éclate comme bijoux sous les feux du soleil.
Oh Marseille
marseille au coeur
EMILE TEMIME, historien des migrations en Méditerranée HOMMAGE A JEAN CLAUDE IZZO
En finir avec cette image “bête” de Marseille, cette image grotesque qui n’a rien à voir
avec la ville, et dont beaucoup de Marseillais continuent, hélas ! à se gargariser ;
retrouver, au-delà des laideurs béantes et des médiocrités triomphantes, ce qui fait le
vrai visage et la beauté réelle de la cité ; Jean-Claude Izzo l’a entrepris depuis longtemps,
avec patience, avec passion. Il a aimé cette ville, charnellement, telle qu’il l’a
vécue, telle qu’il l’a découverte dans son enfance, dans les ruelles du Panier, avec sa
vie grouillante, aujourd’hui quelque peu disparue, cette vieille ville qui tourne le dos
à la mer, et d’où l’on descend vers la mer, vers la Joliette et la grande jetée, vers les
“pierres plates” où il a appris à nager, vers ces promenades au long de la Corniche,
avec ses plages populaires, ignorées du touriste, avec son vieux tramway qui menait
jusqu’aux abords des calanques, là où l’on retrouvait, et l’on retrouve toujours pour
ceux qui savent la chercher, la solitude des rochers sous le soleil de l’été et la solitude
de la ballade en mer. Il a dit ce plaisir des yeux, cette sensation de se retrouver libre,
échappant un instant aux contraintes, et rêvant de voyages, des espaces infinis et lointains,
dont ont toujours rêvé à Marseille les navigateurs et les poètes.
Flux et reflux incessants qui ont apporté sur ces quais aujourd’hui, partiellement
abandonnés, les marchandises de tous les Orients, les navigateurs de tous les horizons,
les hommes qui débarquent, passent ou s’éloignent, voyageurs effarés et craintifs,
marins perdus ou retrouvés, perdus dans une foule qui vit toujours, et qui
souffre souvent. Ville de contrastes entre les chemins de traverse qui semblent abandonnés,
les escaliers biscornus et les tranchées autoroutières qui pénètrent jusqu’au
coeur de la cité, entre une ville du négoce agitée et bouillonnante, des zones délabrées,
et pourtant étonnamment vivantes, et des quartiers qui semblent s’assoupir, se
replier sur eux-mêmes, comme étrangers à toute cette agitation, entre des moments
de calme surprenants et des accès de rage et de violence, dans les périodes difficiles
qui ont jalonné son histoire. Monde de solidarités fortes et d’aventures solitaires, qu’il
faut sans doute partager au quotidien pour les comprendre vraiment.
J'ai Marseille au cœur
Je suis né à Marseille. De père italien et de mère espagnole. D'un de ces croisements dont la ville a le secret. Naître à Marseille n'est jamais un hasard. Marseille est, a toujours été, le port des exils, des exils méditerranéens, des exils de nos anciennes routes coloniales aussi. Ici, celui qui débarque un jour sur le port, il est forcément chez lui. D'où que l'on vienne, on est chez soi à Marseille. Dans les rues, on croise des visages familiers, des odeurs familières. Marseille est familière. Dès le premier regard.
C'est pour ça que j'aime cette ville, ma ville. Elle est belle pour cette familiarité qui est comme du pain à partager entre tous. Elle n'est belle que par humanité. Le reste n'est que chauvinisme. De belles villes, avec de beaux monuments, il y en a plein l'Europe. De belles rades, de belles baies, des ports magnifiques, il y en a plein le monde. Je ne suis pas chauvin. Je suis marseillais. C'est-à-dire d'ici, passionnément, et de tous les ailleurs en même temps. Marseille, c'est ma cultur e du monde. Ma première éducation du monde.
C'est par ces routes de navigation anciennes, vers l'Orient, l'Afrique, puis vers les Amériques, ces routes réelles pour quelques-uns d'entre nous, rêvées pour la plupart des autres, que Marseille vit, où que l'on aille. Paris est une attraction. Marseille est un passeport. Quand je suis loin, et cela m'arrive souvent, je pense à Marseille sans nostalgie. Mais avec la même émotion que pour la femme aimée, délaissée le temps d'un voyage, et que l'on désire de plus en plus retrouver au fur et à mesure que passent les jours.
Je crois à cela, à ce que j'ai appris dans les rues de Marseille, et qui me colle à la peau : l'accueil, la tolérance, le respect de l'autre, l'amitié sans concession et la fidélité, cette qualité essentielle de l'amour. (...)
J'aime croire - car j'ai été élevé ainsi - que Marseille, ma ville, n'est pas une fin en soi. Mais seulement une porte ouverte. Sur le monde, sur les autres. Une porte qui resterait ouverte, toujours.
Marseille, Jean-Claude IZZO.
Edition Hoëbeke, 2000









































































































































